Disparition
Une paire de mains tricote, puis défait.
Le geste se répète, sans réserve.
Le fil se tend, s’échauffe, glisse entre les doigts.
Il s’inscrit brièvement, puis se retire.
En arrière-plan, la mer monte.
Elle gagne, recouvre, insiste.
Deux forces s’affrontent sans jamais se résoudre :
faire tenir, laisser disparaître.
Le geste persiste malgré l’effacement.
Il ne produit pas une forme, mais une tension.
Ici, il s’agit moins de fabriquer que de maintenir un rapport fragile au monde —
entre mémoire et perte, entre terre et eau, entre ce qui insiste et ce qui cède.