La maison est posé dans le fossé
Presque morte, comme ruine éternel
Elle est entouré, enclavé
Pas là par hasard
Elle à son propre écosystème
L’eau, la forêt, les vaches et les pierres
Et,
Un peu de place pour la peau,
les yeux, les mains et la fatigue

Elle est entouré
Entouré d’un ruisseau
Dégoulinant derrière elle

Devant, c’est du bitume
Celui qui a aspiré les corps
des chiens et des chats
Le goudron est interdit à nos pieds
Pour ne pas nous faire engloutir nous aussi
Pas le même chagrin mais presque

Seule le ruisseau a le droit
Il voit nos bottes et nos mains qui s’activent
Agrippant les rochers
Les cailloux
Pour les faire s’enlacer
Et lui,
Le faisant ce déverser plus rapidement
Se mettre en colère
Creusant les rochers
Le ruisseau fait du bruit
S’abat
Et silence

continue sa route

Plus je regarde le paysage
Ceux qui l’habitent
Plus je me dit que
Tout est un peu ruisselant ici
Tout flotte

Le nom de famille, comme le chien, comme le métier
Je ne sais même plus si ça existe vraiment

Étymologiquement
Bergue
Celui qui habite au bord de la berge
Au bord du ruisseau
L’homme du ruisseau
L’homme-ruisseau

Tamise
La chienne
Elle aussi née dans un fleuve
J’en suis presque sure
Chien poisson

Autour de nous
Que des vaches,
Que des poules
Puis
Au loin
Dans le brouillard
Il y a deux silhouettes
Chapeau et tablier, fourche à la main
Les mains enraciner à la terre
Les mains qui germe
Les mains aussi dur que l’écorce
Qui s’enfonce
S’enfonce
Jusqu’à la première source
Jusqu’à la nappe
Pour déjeuner
Se remplir de l’eau offerte
ici
A la terre et à leur main
Main en terre ou en argile
terre-peau
terre-organe